ALBUMS

  CHANTS SACRES MELKITES

  CD audio -1994
  Harmonia Mundi 901577
  Ensemble de la Paix

    SON TITRES AUDIO      VIDEO   PRESSE
  01.  Axion Esti click to play clip
  02.  Ya walidata l ilah click to play clip
  03.  'Adhimi ya nafsi click to play clip
  04.  Inna l baraya click to play clip
  05.  Inna l lazouna click to play clip
  06.  Ihfadhi uma l ilah click to play clip
  07.  Istabchiri ayuha l ard click to play clip
  08.  Allahu r rabou click to play clip
  09.  Inna l malak click to play clip
  10.  Ifrahi ayatuha malika click to play clip
  11.  Ayatuha ssayidatu click to play clip
  12.  Liyataazam click to play clip
  13.  Jamiou l ajyal click to play clip
  14.  Anti ya walidata lah click to play clip

NOTES

Le chant de l'Eglise melkite - nom arabe de l'Eglise impériale byzantine, dérivé du syriaque malka , roi - appartient aux liturgies proches orientales.

Il est donc pratiqué dans une région constituant une véritable mosaïque de civilisations.

Rappelons que cete Eglise grecque de Phénicie est née dans un lieu d'intenses activités religieuses, philosophiques, poétiques, juridiques, grammaticales, rhétoriques, philologiques, où l'hébreu,l 'araméen, le grec, le latin, l'arabe se côtoyaient jusque dans la rue - et où les civilisations de l'Antiquité tant orientales qu'occidentales tentent encore de survivre,en dépit du temps, à l'insu des hommes.

Ces poésies tirées des Canons des Pères de l'Eglise (9° ode) et consacrées à la Mère de Dieu, se ratachent par divers aspects à des traditions très anciennes.

Que le texte soit grec ou arabe, on y trouve ces micro-intervalles caractéristiques des théories musicales antiques, qui seront traduites en syriaque, puis du syriaque en arabe, ou directement du grec en arabe.

On y observe ce diatonisme pythogoricien, bien décrit au ll¡ siècle par Nicomaque de Gerase et Théon de Smyrne.

Comme si Soeur Marie Keyrouz suivait le traité de Porphyre de Tyr (Bar Malkan, III° siècle), le son n'est jamais vraiment figé, telle une cellule, il se dilate, se contracte, se colore.

On ne parlera pas de division numérique du demi- ton, mais plutôt d'une vibration, d'une palpitation naturelle du son, mu par la phonation.

Codifié autant dans la théorie que dans la pratique, cela constitue d'une émotion allant de l'humilité à la jubilation.

Quand l'enthousiasme dépasse la conscience, pour tendre vers le Beau Ultime du logos, celui de l'Evangile de saint-Jean. Même si le chant se déploie sur deux octaves et une quarte (chants 4, 9 et 14), la structure fondamentale du tétracorde n'est jamais abandonnée, ni le caractère spécifique de chaque mode, par exemple dans les chants 7 et 10, la mélodie (dans le 4° mode) reste souvent suspendue sur un Mi baissé, instable, exprimant le surnaturel du mystère de l'Annonciation, de l'Incarnatian et de la Pentecote.

De même, dans les chants 3, 9 et 13, le 1er mode dit la joie de la Naissance et de la Résurrection du Christ, comme de l'Assomption de la Vierge.

Sœur Marie Keyrouz